12 septembre 2007
Michael Moore a encore frappé...
Ce soir aura lieu à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris une projection du nouveau film de Michael Moore, Sicko, sui vi d'un débat en présence de Gérérd Kouchner (PDG du Quotidien du médecin"), Jean Michel Laxalt (Président de la MGEN), Didier Tabuteau (Responsable de la Chaire "Santé" à l'IEP de Paris et Christian LAJOUX (PDG de Sanofi Aventis France).
Voici l'entretient accordé par Didier Tabuteau au Monde:
La chaire santé de Sciences Po Paris organise, mercredi 12 septembre, un débat sur Sicko, le film du réalisateur Michael Moore, sorti le 5 septembre sur les écrans. Didier Tabuteau, titulaire de cette chaire, explique pourquoi il soutient ce documentaire, brûlot contre le système de santé américain.
Il est rare de voir le logo d'une chaire universitaire sur l'affiche d'un film. Pourquoi avoir choisi d'être partenaire du documentaire de Michael Moore ?
Ce film est un formidable vecteur de
débat sur la santé. Il est important que ce débat soit posé parce qu'il
s'agit de choix fondamentaux. L'évolution des dépenses de santé et des
thérapeutiques oblige à faire des choix politiques. Or, autour de ces
choix, il n'y a malheureusement pas de débat public. Tout ce qui peut
créer de la controverse est bon. Ce film est un excellent moyen de la
provoquer.
En tant que spécialiste des questions de santé, quel regard portez-vous sur l'analyse de Michael Moore ?
L'apport essentiel du film, par rapport à nos réflexions d'Européens, est qu'il met à mal deux idées reçues. La première est : "Plus c'est cher mieux on est soigné." On voit que cela est faux. Le système de santé américain coûte deux fois plus cher par habitant et produit une santé moins bonne. Les indicateurs sanitaires sont, sans ambiguïté, moins bons aux Etats-Unis qu'en France ou en Grande-Bretagne. Deuxièmement : "Plus on responsabilise financièrement les gens plus le système est efficace." Ce n'est pas vrai. Si on responsabilise économiquement, on fait payer cher, mais cela a un impact néfaste en matière de santé publique. Il y a un tel écart de "sécurité" sociale - au vrai sens du terme - entre les Etats-Unis et des pays comme la France que, évidemment, la perception qu'on en a est différente suivant que l'on est américain ou français. Mais, lorsqu'on met les deux systèmes en perspective, il n'y a pas photo. Aux Etats-Unis, 45 millions de personnes n'ont pas de couverture maladie et, sur les 250 millions de personnes qui en ont une, une partie d'entre elles sont mal couvertes en cas de gros pépins de santé. Lorsqu'on dit qu'il faut une assurance-maladie universelle, cela signifie qu'elle couvre tout le monde, mais c'est aussi une assurance qui couvre toutes les maladies. L'universalité dans les deux sens, c'est-à-dire pour les malades comme pour les maladies, c'est un message très fort du film.
La notion de "responsabilisation du patient" est devenue très forte en France, et la proposition de Nicolas Sarkozy d'instituer des franchises médicales fait débat. La "privatisation" du système de santé n'est-elle pas un phénomène inexorable, même chez nous ?
Non, ce n'est pas un phénomène inexorable, c'est un choix politique. Il y a des tentations de privatiser via la responsabilisation financière, notamment en médecine de ville (avec l'extension des dépassements d'honoraires et des forfaits de franchise). Mais rien n'interdit, ni économiquement ni techniquement, que l'on continue à financer un système de solidarité. Il faudra augmenter les prélèvements obligatoires consacrés à la santé pour maintenir un bon taux de couverture sociale. C'est un choix fondamentalement politique. Les Etats-Unis mobilisent d'ailleurs autant de prélèvements obligatoires (impôts et cotisations) que les Européens pour financer leur système de santé, près de 7 % du PIB. Mais parce que leur système est très coûteux et non solidaire, ils sont mal protégés.
Le discours politique actuel est : la population vieillit, les techniques médicales progressent,les nouveaux traitements sont de plus en plus chers, donc il faudra plus participer individuellement au financement...
On disait la même chose il y a dix ans et on dira la même chose dans dix ans. Pendant les trente dernières années, on a augmenté, pour faire face aux capacités nouvelles de la médecine, les prélèvements obligatoires pour la santé. C'est un choix collectif. Les bien-portants financent les catastrophes médicales individuelles. Il n'y a aucune obligation à interrompe ce système. Sur un pépin de santé grave, on sait que l'on sera soigné et que le meilleur de la médecine sera accessible. L'opinion publique est consciente que la France a un système de santé jusqu'à présent satisfaisant. Les Français sont prêts à un effort collectif pour maintenir ce système, et ils ont raison.
Commentaires
Constantly I read your blog, very well for you turns out,successful work!!!
Top
Franchement je suis bien d'accord, à voir !
Michael Moore dans ses oeuvres, avec son ton, ça change de W...
bonjour nicolas
as tu été visiter le nouveau site de la fédération?
http://www.partisocialisterhone.fr
nous y avons référencé ton blog.
à bientôt
Cécile
Avec Ségolène et Barack, Imaginons Ensemble l'Avenir
Bonjour,
Je vous invite à découvrir ou redécouvrir mes deux sites politiques:
http://segolenepour2007.over-blog.com et http://obama2008.over-blog.com
Plus de 47 000 personnes ont déja visités celui sur Ségolène Royal et près de 2 000 celui sur Barack Obama.
Très bonne visite et n'hésitez pas à me laisser vos impressions de toutes sortes, par commentaires, ou par mail.
Cordialement.
Kévin
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